Voici des extraits très caractéristiques d'une personnalité qui, comme moi, souffre de dépendance affective ou d'abandonisme... Ils ne servent en rien à justifier mes actes et mes façons d'être mais pour que mes proches comprennent et à moi-même pour voir dans quelle direction aller pour en sortir... car on en sort !
Remarque : Je tiens à préciser que, contrairement à l'auteur (Michèle Morgan), je ne pense pas avoir été victime d'abus sexuel ! Mais d'une souffrance psychologique établie et reconnue par des professionnels.
"Pourquoi le ménage des émotions est-il plus ardu et plus long pour certaines personnes que pour d'autres? Cette question m'amène à une autre précision, pour vous aider à déterminer si vous faites partie de cette catégorie de personnes. Les personnes ayant le plus de difficulté à être heureuses de façon toute simple et qui souffrent le plus du mal-être sans raisons apparentes sont celles qui souffrent de ce qu'on appelle la «dépendance affective».
Vues de l'extérieur, ces personnes semblent avoir tout ce qu'il faut pour réussir dans la vie et pour réussir leur vie. Elles ont belle apparence, jouissent souvent d'une intelligence supérieure, réussissent leurs études, se décrochent facilement un emploi, possèdent des talents et ont développé l'art de plaire.
Par ailleurs, vues de l'intérieur, ces mêmes personnes souffrent d'angoisse chronique, sont compulsives, recherchent l'amour avec frénésie et sont habitées par une grande nostalgie. Elles-mêmes ne comprennent pas pourquoi elles ont de la difficulté à accéder au bonheur.
Le jour où j'ai enfin admis que je souffrais de dépendance affective malgré tout ce que je réussissais à obtenir par la programmation du subconscient, j'ai aussi réalisé que je ne vivais pas encore pleinement le bonheur. J'avais réussi à survivre à ma détresse et j'entretenais l'illusion que je n'avais plus besoin de travailler à la guérison de mes carences passées. Les étapes parcourues furent quand même très importantes dans mon cheminement et ont contribué, comme je l'ai déjà mentionné, à diminuer une foule d'irritants, rendant, parle fait même, ma vie beaucoup plus reposante et agréable. Mais qui se contenterait de survivre au lieu d'apprendre à vivre pleinement? Qui accepterait d'investir dans l'art de ne pas être malheureux plutôt que de faire le choix de s'exercer à l'art d'être heureux? Certainement pas moi, je m'en confesse et m'en réjouis!
Vous vous demandez sans doute comment je suis ainsi arrivée, après avoir tant écrit et tant parlé au sujet du bonheur, à constater que je souffrais de dépendance affective et comment j'ai enfin pu me libérer de cette dépendance.
La prise de conscience de mon état de dépendance affective s'est d'abord effectuée par le symptôme de l'angoisse. Cette angoisse se manifestait surtout la nuit ou aux petites heures du matin, mais parfois le jour également, par une pression à la hauteur du sternum. Cette manifestation physique de l'angoisse s'accompagnait d'un sentiment incroyable de peur et de panique qu'aucune raison précise n'expliquait.
Cette grande insécurité me glaçait jusqu'aux os et me précipitait dans un genre de ravin dont je n'arrivais pas à voir le fond. J'avais alors le sentiment que toutes mes luttes pour le bonheur étaient vaines et que la mort était la seule issue pour échapper à cette profonde souffrance morale.
Cet état de mal-être était incontrôlable et se manifestait au moment où je m'y attendais le moins. Je n'y pouvais rien et je tentais d'y survivre en le combattant par l'action. À cette époque, j'ignorais qu'en combattant cet état je combattais en fait cette partie de moi-même qui avait été rejetée dès la plus tendre enfance et qui voulait enfin être accueillie pleinement. Je me jouais donc un très mauvais tour en tombant dans le piège des mécanismes de défense. Il faut bien admettre, cependant, que c'était la seule façon que connaissaient les autres parties de mon être pour survivre, justement, à ce rejet.
Ma difficulté à établir une relation de couple saine et durable a été le deuxième indice à me faire constater que je souffrais bel et bien de dépendance affective. La programmation du subconscient ne me faisait jamais faux bond et m'amenait toujours sur un plateau d'argent des compagnons de route intéressants et intéressés à me fréquenter. Par contre, ces relations finissaient toujours par «tourner au vinaigre» parce que, d'une part, elles étaient basées sur une attirance réciproque entre enfants blessés et non guéris plutôt que sur des affinités plus profondes et un désir d'engagement, et que, d'autre part, les acteurs de ces relations, dont moi-même, n'étaient pas en mesure de comprendre l'art d'aimer puisqu'ils n'avaient jamais eu de modèles pour les inspirer et n'avaient pas pris conscience de leur propre dépendance affective.
Toutes ces relations (à l'exception de la dernière, qui se distingue des autres parce qu'elle était initialement basée sur l'affinité des âmes) ont finalement eu pour but ultime de recréer la relation initiale avec mon père, ou même avec mes deux parents, desquels j'avais ressenti une forme de rejet dès mon arrivée dans cette vie. Le défi, sous-jacent et inconscient, était de faire une fois pour toute la conquête de ces parents, de me prouver que j'étais importante, que j'avais une valeur certaine et que, somme toute, j'étais digne d'être aimée.
Ce long périple, parsemé d'insécurité, de colères injustifiées, de repentirs pathétiques, de bouderies interminables, d'attentes insatisfaites et d'expériences sexuelles non épanouissantes parce que immatures, aurait pu ne jamais se terminer si je n'avais pas réussi à me libérer de la dépendance affective. [...]
il existe deux types d'âmes soeurs: celles de désintoxication et celles d'évolution spirituelle. Les âmes soeurs de désintoxication sont souvent mises sur la route de gens affectivement dépendants parce qu'elles les obligent à prendre conscience de leurs carences profondes et entraînent de telles confrontations entre les egos des personnes en présence l'une de l'autre que celles-ci doivent finalement évoluer ou se quitter. Comme on dit souvent: ça passe ou ça casse!
Inversement, l'âme soeur d'évolution spirituelle est celle qui nous fournit l'occasion de grandir et de devenir enfin nous-mêmes. La rencontre d'une telle personne occasionne un profond bouleversement; elle permet toutefois d'apprendre à ouvrir son coeur et de prendre enfin, sans peur et sans regret, le risque d'aimer véritablement.
Par ailleurs, lorsque nous vivons quelques ruptures, et surtout au tout début de notre vie, nous n'avons pas tendance à nous remettre en question. Nous décodons plutôt notre difficulté à vivre harmonieusement avec un partenaire en rejetant la faute sur l'autre, «qui ne nous a pas compris», ou en invoquant des circonstances extérieures qui ont nui au couple, comme le manque d'argent, la famille de l'un ou de l'autre, la maladie, etc. Mais après plusieurs expériences similaires, la vraie question fait surface: et si une partie du problème était due à mes propres «bibites»?
Finalement, ma tendance à vivre compulsivement a été le troisième indice assez percutant pour m'aider à faire la prise de conscience de ma dépendance affective. Sans trop m'en rendre compte, je passais d'une activité à une autre en m'embarquant chaque fois très intensément; et, pour me donner bonne conscience, j'expliquais ces excès de zèle sportifs ou autres en me disant qu'ils provenaient tout simplement de mon caractère passionné et intense.
Cette tendance à être compulsive m'a également permis de toucher au fait que je présentais tous les symptômes d'une personne ayant été victime d'abus sexuels. Je tiens à préciser ici que l'abus sexuel prend des formes très diverses d'un vécu à un autre et qu'il est démontré que les abus uniquement psychologiques et moraux sont aussi réels et nocifs que des abus physiques aussi graves que l'inceste.
Tout est dans la perception de l'enfant qui s'est senti abusé.
Mais dans tous les cas, un cercle vicieux émotionnel s'inscrit dans cet enfant qui se sent abusé, refoulant au plus profond de lui l'enfant «sain et heureux» pour faire place à un enfant «adapté, malheureux et angoissé» même s'il semble bien s'intégrer dans la vie et être épanoui. Par la suite, l'adolescent et l'adulte reproduisent ce cycle émotionnel tant et aussi longtemps que l'enfant sain n'aura pas la chance d'être entendu, accueilli, respecté et aimé.
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Vous comprenez, maintenant, à quel point la dépendance affective est une entrave au bien-être et à la réalisation de soi. Il est donc important de faire tout en notre pouvoir pour nous en défaire en prenant contact avec notre enfant intérieur et en devenant le parent attentif et aimant de cet enfant. Et sachez que personne ne peut vous remplacer auprès de votre enfant intérieur et que c'est seulement après avoir effectué la symbiose avec lui que vous vous libérerez de l'angoisse et de la panique sans fondement qui vous hantent au fil des jours et surtout des nuits.
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De plus, j'ai suivi très rigoureusement les conseils de mon frère en supprimant le plus possible de ma vie, au cours de cette période, toutes formes de substances qui pourraient me distraire de mon but. Par exemple, si je m'éveillais la nuit, au lieu d'aller me chercher quelque chose à boire et à manger, je choisissais d'investir du temps pour reprendre ma conversation avec la petite Michèle en lui demandant de me parler, de me livrer ses peines et ses colères. J'ai souvent eu des réponses par le biais de rêves qui m'ont révélé plusieurs énigmes de ma vie.
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Au cours de cette démarche, si je ressentais, par exemple, des pulsions sexuelles non opportunes, je les considérais comme une autre occasion d'entrer en contact avec la petite Michèle saine et de la rassurer.
Dans de tels cas, on explique à l'enfant en soi qu'il avait le droit et a toujours le droit de ressentir du plaisir. Ensuite, on le déculpabilise, en lui disant qu'à l'époque où il a vécu des rejets ou des abus sexuels, ce n'était absolument pas ce dont il avait besoin. En effet, la normalité aurait commandé que l'adulte lui procure tendresse et affection, et non des plaisirs d'ordre sexuel. On lui dit enfin que, désormais, on va lui procurer cette affection dont il avait besoin et dont il a encore besoin maintenant.
On assure cet enfant en nous de notre amour inconditionnel. On lui dit qu'il n'est aucunement responsable, qu'il a été entraîné dans une activité sexuelle dont il n'avait pas besoin et que nous allons rétablir la normalité. On peut aussi demander à l'enfant de nous amener voir la ou les personnes qui ont abusé de lui pour lui laisser la possibilité d'exprimer à ces personnes cequ'il aurait eu envie de dire au moment où il a subi lesabus.
Ce travail constant, que vous accomplirez avec patience et amour, peut vous libérer entièrement de toutes formes de carences émotionnelles passées et vous conduire à une vie affective et sexuelle tout à fait épanouie.
Les manifestations de l'enfant se produisent plus fréquemment lorsque nous entrons en interaction avec notre conjoint plutôt qu'avec de simples connaissances parce que, avec ces dernières, nous portons le plus souvent des masques qui cachent nos véritables émotions. Par contre, les émotions manifestées avec notre conjoint sont souvent hors de proportion avec les événements vécus aujourd'hui.
Voici un bon exercice à effectuer durant la période où l'on recherche l'enfant en soi: il s'agit d'observer chaque moment d'émotion intense (colère, peine ou insécurité), de faire un effort mental pour se détacher du moment présent et d'essayer d'entrer à nouveau en contact avec cet enfant pour comprendre ce qui l'a amené à se manifester ainsi et dans des circonstances qui ne justifient pas un tel comportement de la part d'un adulte. Si, par exemple, votre conjoint ne semble pas écouter ce que vous lui racontez et que vous devenez très anxieux et colérique en vous imaginant qu'il ne vous porte aucun intérêt et ne vous respecte pas, au lieu de vous dire qu'il est peut-être tout simplement fatigué et préoccupé, essayez de voir si cette situation ne serait pas la répétition de ce que vous avez vécu des centaines de fois avec votre père ou votre mère.
Si vous souffrez d'une jalousie maladive chaque fois que votre partenaire s'intéresse à quelqu'un d'autre, que vous dormez mal lorsque vous avez à passer quelques jours seul à la maison, que vous vous sentez souvent incompris et non respecté de la personne qui partage votre vie, que vous avez de la difficulté à écouter cette personne sans l'interrompre et argumentez sans cesse avec elle, vous souffrez probablement de dépendance affective. Il se peut qu'effectivement cette personne ne vous comprenne pas et vous manque parfois de respect, mais le simple fait que vous ayez choisi cette personne pour cheminer vous indique clairement que vous vous êtes placé en situation de revivre inlassablement tous les rejets de votre enfance sans pour autant réaliser votre grand rêve d'être aimé par vos parents. Ce temps est passé et il ne peut revenir. Comme je vous l'ai déjà mentionné, la seule façon de vous en sortir maintenant est de devenir vous-même ce parent attentif et bon sur lequel vous pourrez toujours compter.
Lorsque vous aurez commencé à déblayer le terrain, prenez une feuille blanche et un crayon, et identifiez de façon spécifique chacune des émotions qui vous habitent, soit la colère, la peine, la peur et la joie. Par la suite, prenez le temps d'accueillir chacune d'elles et d'en apprécier la validité.
La colère est légitime lorsqu'elle se présente parce que vous vous respectez et voulez vous faire respecter. La peine s'explique parce que le besoin de votre enfant intérieur d'obtenir de l'attention et de l'affection n'est pas comblé. Arrêtez-vous et prenez quelques minutes de votre temps pour satisfaire ce besoin. La peur dénote la présence de l'instinct de conservation qui vous permet de survivre aux traumatismes et aux dangers que vous avez dû traverser avant de devenir adulte. Rassurez votre enfant intérieur, dites-lui que maintenant vous êtes là et que les dangers sont disparus et ne pourront plus vous atteindre.
Quant à la joie, vous n'y aurez vraiment accès qu'une fois les autres émotions bien identifiées et accueillies. Mais cette joie sera si intense et si réconfortante que vous comprendrez enfin l'expression courante «je déborde de joie».
Une fois cette démarche terminée, utilisez la même approche en identifiant cette fois vos sentiments négatifs, comme la honte, la culpabilité, l'impuissance et la peur d'être rejeté. Puis, accueillez ces sentiments pour vous permettre, ensuite, de vous en libérer définitivement. La guérison totale ne se produira pas d'un seul coup, comme si vous aviez utilisé une baguette magique, et vous aurez parfois l'impression de subir des rechutes. Ne vous découragez pas, cependant, car je sais, par expérience, que ces moments de faiblesses ne sont que de «petites saucettes en enfer», comme dit mon frère, qui ont pour but de renforcer notre désir de nous sortir définitivement de la dépendance affective.
Et tout à coup, vous aurez vraiment la certitude que vous êtes guéri. Vous aurez alors accès à des sentiments positifs comme la paix, la sérénité, le calme et l'amour véritable.
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La présence d'une composante psychosomatique dans l'apparition de malaises physiques plus ou moins graves ne fait plus de doute aujourd'hui. Cela n'exclut pas la présence de virus ni de causes héréditaires à certaines maladies. Par ailleurs, chaque personne a tout intérêt à bien observer ses comportements et ses pensées avant de prétendre n'avoir aucune responsabilité en regard de ses maux physiques. Pour explorer cette vision de nos malaises physiques, je vous encourage à lire le magnifique ouvrage Métamédecine écrit par mon amie Claudia Rainville qui oeuvre depuis plusieurs années dans ce domaine et dont l'expertise est reconnue mondialement. Ayant elle-même souffert de dépendance affective et de plusieurs maladies qu'elle a réussi à surmonter par l'approche de la métamédecine, elle a aidé un grand nombre de personnes à se libérer d'une telle dépendance et de jouir enfin d'une bonne santé.
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Tant chez l'adulte que chez l'enfant, le corps parle. Il nous parle de nos émotions, de nos manques, de nos carences et de nos attentes d'enfant blessé.
Retrouver l'enfant en soi est donc un défi à relever. Il est facile d'accès mais difficile à vivre, en ce sens qu'il vous amènera à vivre et à revivre, tant que vous n'aurez pas complété le processus, des souffrances égales ou même supérieures à celles que vous avez ressenties lorsque vous étiez cet enfant.
Ce n'est qu'à ce prix que vous réussirez. Il y aura des pleurs, des craintes de ne pas survivre et des découragements. Mais, croyez-en mon expérience et le témoignage de milliers d'autres personnes qui ont réussi à traverser ce tunnel, chaque pas est irréversible et vous conduit vers la liberté et l'indépendance affective.
Une fois le tunnel franchi, vous ne verrez plus la vie avec le même regard. En étant en symbiose avec vous-même, vous retrouverez le sentiment d'omnipuissance du foetus relié à sa mère. Les peurs et les colères ne dureront que quelques minutes tout au plus, l'insécurité disparaîtra pour faire place à la confiance puisque vous ne serez plus jamaisseul, et l'amour inconditionnel de vous-même vous donnera accès à l'amour véritable sous toutes ses formes.
J'étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité; ainsi, s'il m'arrivait de faire involontairement une petite peine à une personne que j'aimais, au lieu de prendre le dessus et de ne pas pleurer, ce qui augmentait ma faute au lieu de la diminuer, je pleurais comme une Madeleine etlorsque je commençais à me consoler de la chose en elle-même, je pleurais d'avoir pleuré.
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
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