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1.9.10

Bipolaire

Petite rectification, je suis plutôt bipolaire à cycle court...

Qu’est-ce que le trouble bipolaire ?


Les personnes atteintes de trouble bipolaire connaissent des changements d'humeur extrêmes. Il est normal d'avoir "des hauts et des bas" mais, chez ces patients, "les hauts" sont très hauts (pôle maniaque) et "les bas" très bas (pôle dépressif). Ce trouble est également appelé maladie maniaco-dépressive.

La durée des épisodes maniaques ou dépressifs, va de quelques semaines à plusieurs mois. Leur fréquence est également variable.

Lorsque le sujet n'est ni en phase maniaque, ni en phase dépressive, il fonctionne normalement et se sent généralement bien. Ces périodes "normales" peuvent durer plusieurs années.

Chaque malade a donc son propre "cycle" qui est composé d'une phase maniaque, d'une phase dépressive et d'une phase "normale". On parle de trouble bipolaire à cycle rapide lorsque les patients présentent au moins quatre cycles par an. Parfois, l'humeur peut même changer tous les jours, ce qui rend la vie de ces patients extrêmement difficile.

On estime à 1% le nombre de personnes atteintes par cette maladie. Les femmes sont autant touchées que les hommes. En moyenne, le trouble bipolaire apparaît vers l'âge de 30 ans.

Les recherches actuelles sont en faveur d'importants facteurs génétiques à l'origine de ce trouble. Cependant, différentes sources de stress extérieurs semblent capables de favoriser la survenue d'un épisode. Les saisons affecteraient aussi les troubles de l'humeur: la manie est plus fréquente en été et la dépression en hiver.

12.8.10

Un autre article, plus parlant, sur la cyclothymie

Description

Le trouble cyclothymique est un trouble de l'humeur, caractérisé par des périodes d'humeur élevée et d'humeur dépressive qui ne sont pas reliées aux circonstances de la vie. Cette instabilité de l'humeur - légère exultation ou légère dépression - est apparentée au trouble bipolaire (autrefois connu sous le nom de trouble maniacodépressif) dont elle est en fait considérée comme une forme légère. Bien qu'elle soit moins sévère, la cyclothymie peut entraîner d'importantes répercussions sur la vie d'une personne, les perturbations extrêmes et imprévues de l'humeur empêchant l'individu de fonctionner normalement.
La cyclothymie frappe autant les hommes que les femmes, sa fréquence étant de 1 % dans la population générale. Le trouble apparaît habituellement au début de la vie adulte bien qu'il puisse aussi survenir à un âge plus avancé.

Causes

On ignore les causes exactes de la cyclothymie, mais on l'attribue souvent aux mêmes facteurs génétiques responsables du trouble bipolaire. En fait, une personne cyclothymique sur trois finit par recevoir le diagnostic de trouble bipolaire, à la suite d'un épisode maniaque ou d'un épisode dépressif majeur. Les patients atteints de trouble cyclothymique présentent habituellement des antécédents familiaux de dépression majeure, de trouble bipolaire, de suicide ou de dépendance vis-à-vis de l'alcool ou d'une drogue.

Symptômes et Complications

Des changements radicaux dans le comportement, alternant entre l'élévation et la dépression, constituent les signes typiques de la cyclothymie. Les épisodes d'humeur élevée de la cyclothymie ressemblent à l'hypomanie mais n'en remplissent pas complètement les critères (c'est-à-dire que dans le cas de la cyclothymie, la durée des épisodes d'humeur élevée est inférieure aux quatre jours minimum pour l'hypomanie et/ou que les symptômes n'atteignent pas le chiffre de trois symptômes mentaux ou physiques associés nécessaires à l'établissement d'un diagnostic de l'hypomanie).
De la même façon, les épisodes d'humeur dépressive de la cyclothymie ressemblent à une dépression majeure, sans pour autant en remplir complètement les critères (c'est-à-dire que dans le cas de la cyclothymie, la durée de la dépression est inférieure aux deux semaines minimum requises pour l'établissement du diagnostic d'une dépression majeure et/ou que les symptômes n'atteignent pas le chiffre minimal de cinq symptômes mentaux et/ou physiques associés mis en évidence dans le cas de la dépression majeure).
Les perturbations continues - et imprévisibles - de l'humeur ont souvent des répercussions importantes sur la vie des personnes qui en sont atteintes, même si les épisodes d'humeur changeante sont moins extrêmes que dans le cas du trouble maniacodépressif. À cause des changements d'humeur, la personne ne peut maintenir son enthousiasme pour de nouveaux projets ou pour le travail. Ses relations personnelles sont sujettes à des hauts et des bas associés aux changements d'humeur et aux changements brusques de personnalité, qui sont typiques des personnes cyclothymiques. Avec le temps, la cyclothymie peut mener à des pertes d'emploi répétitives et peut même détruire des relations interpersonnelles.

Traitement et Prévention

Parmi les options médicales dont on dispose pour traiter la cyclomanie, mentionnons le lithium,* un médicament stabilisateur de l'humeur qui s'utilise également dans le traitement du trouble bipolaire. Le lithium peut réduire la fréquence des perturbations de l'humeur tout en aidant à maîtriser les symptômes hypomaniaques. L'acide valproïque à faibles doses s'est également révélé utile dans ce trouble.
Comme les symptômes de la cyclothymie peuvent être légers, il est possible que le trouble ne soit jamais diagnostiqué. Il se peut aussi qu'il ne nécessite aucun traitement. En fait, un certain degré d'hypomanie peut être à l'origine du succès d'une personne dans la vie, que ce soit comme entrepreneur, comme chef d'équipe ou dans d'autres accomplissements. Cependant, pour ceux qui ont des antécédents familiaux de trouble bipolaire ou qui courent le risque d'un épisode dépressif, les symptômes peuvent être plus intenses et entraîner des conséquences plus importantes. Dans ces cas, la sensibilisation aux troubles cyclothymiques et bipolaires - associée à une surveillance médicale rigoureuse - peut préparer la personne en vue de ces épisodes et faire en sorte qu'elle obtienne un traitement prompt et efficace.

10.8.10

Cyclothimie

Après de longs moments forts pénibles à vivre, de déprimes et de mouvements d'humeur, il aura fallut un épisode hypomaniaque majeur pour qu'enfin les psy y voient clairs. L'idée est plus précise : je suis cyclothymique. Ce qui explique mon inconstance, mon irritabilité et bien d'autres traits de ma personnalité. Avec les voix, cela fait le 2ème problème psy qui est en passe d'être résolu en même pas 1 an. Je crois que je suis entre de bonnes mains :-) Je vais enfin trouver l'équilibre et une vie que j'espère normale...

Pour ceux qui ignorent ce qu'est la cyclothymie, voici un article qui en parle :

Je suis cyclothymique

Ils passent du rire aux larmes, de la douceur à la colère sans crier gare. Ils sont jugés lunatiques ou soupe au lait. Mais pourquoi changent-ils tout le temps d’humeur ?

Pourquoi ?

Rien de plus normal que de ressentir de la joie à l’annonce d’une bonne nouvelle et de la peine après un échec, un décès ou tout autre événement douloureux.

« L’humeur proprement dite est un état émotionnel qui varie de l’euphorie à la tristesse et fluctue en fonction de notre environnement », explique le psychiatre Christian Gay (coauteur, avec Jean-Alain Génermont, de Vivre avec des hauts et des bas, J’ai lu, 2004). Certains changent pourtant d’humeur plus souvent que d’autres, et parfois même plusieurs fois par jour. A l’image d’Isabelle, 34 ans, attachée de production : « Il m’arrive de me lever du bon pied, le cœur léger, puis de m’assombrir ou me mettre en colère à la moindre remarque désagréable d’un client, et de retrouver le sourire quelques minutes plus tard. »

Insupportable frustration

Lorsque l’humeur subit ainsi des fluctuations répétées, mais légères et brèves, on parle de cyclothymie. « Cette instabilité se caractérise généralement par des changements de comportements ou d’émotions. L’irritabilité, l’accélération du débit verbal, l’agitation et le pessimisme excessif font place à leur contraire au cours de la journée ou de la semaine », précise Christian Gay. Les cyclothymiques ont beaucoup de mal à se contrôler et ont souvent tendance à exploser à la moindre contrariété. Un embouteillage, un retard, une panne de métro ou de machine à laver suffisent à provoquer leur colère.
Cette susceptibilité à fleur de peau révèle en fait une incapacité à gérer les événements et à supporter la frustration. « Les adultes changeants sont des enfants qui n’ont fait que suivre le principe de plaisir, à qui l’on n’a pas appris à désirer les choses et à se confronter au principe de réalité », analyse le psychologue clinicien GillEric Leininger-Molinier.

Une blessure enfouie

Désagréables pour l’entourage, qui ne sait jamais à quoi s’attendre, ces oscillations d’humeur sont surtout handicapantes pour le cyclothymique lui-même. « Comme je ne comprends pas toujours ce qui provoque chez moi l’euphorie ou l’abattement, je me sens un peu perdue. Quand mon fils me désobéit ou quand mon mari me contrarie, je m’en veux de ne pas parvenir à maîtriser mes émotions », déplore Brigitte, 48 ans, laborantine. Culpabiliser ne sert pourtant à rien, car l’incident source du changement d’humeur n’est parfois que l’arbre qui cache la forêt. Pour GillEric Leininger-Molinier, ce comportement peut cacher une blessure due à un traumatisme, une souffrance que l’individu a profondément enfouie, et qui rejaillit à son insu, au détour du quotidien.

Que faire ?

Prenez du recul
Si la moutarde vous monte au nez ou que la tristesse vous envahit subitement, efforcez-vous d’en identifier les raisons. Une fois la source de frustration détectée, essayez de garder le contrôle de vos émotions en relativisant votre contrariété. N’hésitez pas à consulter un thérapeute, qui vous aidera à voir plus clair en vous.


Conseils à l’entourage
Vous ne supportez plus ses sautes d’humeurs intempestives qui rendent l’atmosphère irrespirable ? Vous n’avez qu’une envie : tourner les talons ? Evitez pourtant d’envenimer les choses en vous mettant en colère ou en rejetant le cyclothymique. Efforcez-vous d’abord de maintenir le dialogue. Puis évoquez, sans l’attaquer, les situations dans lesquelles vous vous êtes senti blessé. Le but : lui faire prendre conscience que vous n’êtes en rien responsable de ses contrariétés et l’amener à réfléchir sur les vraies raisons de son comportement.

19.1.10

Petite explication de du SPP ou SA, simple, pour l'entourage

Si le père de Peter Pan est l'écrivain Sir James Matthew Barrie, 
le père du syndrome est le psychanalyste Dan Kiley qui a publié un ouvrage de ce nom en 1983.

L'apparition
du syndrome de Peter Pan se produit souvent au moment où l'adulte qui devrait émerger se trouve retenu dans l'enfance par peur des responsabilités qui viennent avec la maturité.

La cause
serait un traumatisme affectif vécu pendant l'enfance qui amènerait le sujet à une immaturité affective et une difficulté à entrer en empathie. Syndrome d'abandon, blocage émotionnel, angoisse et décalage par rapport au réel, incapacité à comprendre l'amour désintéressé, voilà les différentes manifestations du syndrome de Peter Pan.

La conséquence
dans la vie de couple est une souffrance pour les deux parties : partenaire incomprise, faisant des demandes qui font monter l'angoisse de devoir prendre une responsabilité ou de donner une réponse inadéquate. La personne en proie au syndrome de Peter Pan finit par se sentir injustement traitée et trouver la partenaire exigeante voire méchante. La personne fuit le réel - c'est l'envol de Peter Pan - et s'isole dans un monde imaginaire ou intellectuel où son narcissisme demeure sans tache. S'ensuit la solitude puis la coupure avec les gens aimés. Il devient de plus en plus difficile de partager et de vivre des sentiments matures et vrais.

Pour guérir
, il est essentiel de comprendre ce qui se passe : il s'agit de sortir du cercle vicieux. L'angoisse provenant de l'incompréhension du monde qui l'entoure l'amène à se décaler du monde et fait encore davantage monter l'angoisse. Il s'agit d'un syndrome dont on peut guérir, à condition d'y mettre le temps et la patience.

Notre conseil
La difficulté pour l'entourage consiste à préserver le lien de tendresse et de douceur car la sensibilité et l'angoisse de la personne souffrant du syndrome de Peter Pan sont à fleur de peau. Ni reproches, ni maternage ne sont conseillés, mais une communication vraie sur le type de trouble qui le frappe est nécessaire.



11.1.10

Le syndrome d'abandon et le syndrome de Peter Pan...



Les deux problèmes semblent irrémédiablement liés mais une fois de plus, des thérapies existent et l'on peut soigner le syndrome d'abandon (même si d'aucun admette que c'est très dur pour la personne et assez difficile à vivre pour l'entourage qui ne sait pas face à qui il se trouve) J'explore encore les moyens de guérir et/ou de gérer ce syndrôme, je veux en sortir et être heureux un jour plutôt que de me bousiller la vie ainsi, j'ai déjà assez perdu. Tant que la possibilité de vivre mieux existera, je me batterai...

"Tout à la base du syndrome de Peter Pan, nous pouvons retrouver le syndrome d'abandon.
Le syndrome d'abandon est dû à une carence affective durant l'enfance.

De cette carence affective découlent deux symptômes principaux, et d'autres peuvent se rajouter ou non.
Nous en resterons aux deux symptômes qui constituent la base du syndrome. Pour les autres symptômes voir le lien "En savoir plus sur l'abandonnisme".

Le premier symptôme dû à la carence affective est un manque de confiance en soi de base qui fait que la personne ne s'aime pas vraiment (cf. page "La confiance en soi de base").

Le deuxième symptôme dû à la carence affective vient directement du premier, il est la conséquence, la suite logique du premier. Le manque d'amour de soi bloque le développement de l'affectivité. La personne est bloquée au stade de l'amour-fusion et ne passe pas au stade de l'amour-relation.

Ce deuxième symptôme cause peut-être davantage que le premier la peur d'être abandonné. En effet lors de l'amour relation, la personne arrive à supporter l'absence de l'autre. Lors de l'amour fusion, tout éloignement est source d'angoisse, toute dispute aussi. Et on pense qu'il n'y a pas besoin du langage surtout, car on doit être deviné. C'est l'état du petit enfant avec sa mère.

L'enfant au stade de la fusion avec sa mère ne parle pas mais il est compris, deviné. C'est entre autres ce qui fait qu'il ne se sent pas distinct d'elle. Le père permet l'individuation de l'enfant et sa socialisation par le passage du principe de plaisir au principe de réalité. Le principe de réalité consiste à prendre en compte les exigences du monde réel et les conséquences de ses actes.

Les premières colères sont à 8 mois quand il se différencie de l'autre et veut agir sur l'autre. Si l'autre reste stable c'est bon sinon l'enfant angoisse. on doit protéger les enfants de nos émotions en sachant rester stables.


Dans le syndrome d'abandon l'adulte qui n'a pas passé correctement tous les stades de fusion à relation, aspire à la fusion avec son conjoint. C'est la relation mère-enfant idéalisée qu'il reporte dans sa relation de couple. Une telle relation ne peut qu'être étouffante et dangereuse pour l'équilibre de chacun. Tous les deux vont vite se sentir très mal.


Le couple ce n'est pas 1 + 1 = 1
ce n'est pas non plus 1 + 1 = 2
mais c'est 1 + 1 = 3 (toi moi et notre relation de couple)
 

Dans la fusion on ne peut plus être soi, au moins un des deux ne sera pas lui-même. La personnalité de l'un sera étouffée et il n'y aura pas de relation épanouissante.
Pour pouvoir être en relation de couple un jour, il est nécessaire de savoir exprimer qui l'on est affectivement, ce que l'on ressent et ce que l'on veut déjà avant d'entamer une relation de couple. L'enfant apprend à exprimer ses sentiments avec sa mère tout d'abord. Plus il devient adulte plus il se perçoit distinct d'elle et utilise le langage de façon adaptée dans sa relation aux autres. Je parle du plan affectif et non scolaire ou professionnel.

Le syndrome d'abandon rend tyrannique car le malade est toujours frustré de ne pas parvenir à la fusion avec l'être aimé, et voudrait que l'être aimé se range à tous ses désirs. Il veut contrôler la personnalité de l'autre, exercer un pouvoir sur lui pour l'amener à tous ses désirs. Cela donne souvent l'impression d'avoir affaire à un enfant roi capricieux tyrannique qui se renferme et fait la tête dès que les choses ne sont pas comme il le désire. En fait c'est un adulte malade qui ne comprend pas l'amour et ne parvient pas à vivre l'amour en adulte.

Contrairement à l'enfant qui est deviné et dans la fusion, apprendre à parler de ses sentiments permet de se construire affectivement en tant qu'individu prêt à vivre une vraie relation non fusionnelle et donc très enrichissante, et aussi cela permet de sortir de l'angoisse d'abandon qui se greffe sur les relations fusionnelles.

Un adulte qui fait régulièrement la tête au lieu de s'expliquer réagit comme l'enfant ou l'adolescent qui exprime sa colère sans arriver à la verbaliser. A ce moment il y a des raisons de penser au syndrome d'abandon, bien que ce symptôme ne soit pas suffisant pour parler de syndrome d'abandon.

Je pense qu'apprendre à parler de ses sentiments va avec apprendre à s'aimer, car si on ne s'aime pas on aura énormément de mal à s'extérioriser. En effet, comment pouvoir supporter le regard des autres sur soi quand on ne supporte pas de se voir soi-même? Commencer par accepter ses émotions et sentiments permet de les exprimer et ensuite d'évoluer, par le fait même de s'ouvrir, de fusion à relation. Si vous ne voyez pas à
qui vous ouvrir, alors vous avez la possibilité de prendre rendez-vous avec un psychologue. La difficulté est d'en trouver un bon. Vous pouvez lui expliquer d'entrée votre difficulté à accepter et exprimer vos sentiments profonds, votre désir d'être deviné et compris sans vous extérioriser. Vous pouvez aussi parler de votre manque de confiance en vous qui vient de votre manque d'amour envers vous-même. Peut-être que cette démarche vous épargnera de tourner en rond. Et s'il ne comprend pas cela, cherchez-en un autre...



Pour l'aider il faut avoir conscience de plusieurs choses :

-Il a été carencé affectivement, d'où son traumatisme qui gêne sa compréhension de l'amour. C'est
cette carence affective qui est à l'origine de son mal.
-Il n'a aucune confiance en lui dans sa vie affective. Il est donc très fragile, facilement sur la défensive, avec une sensibilité à fleur de peau, prêt à combattre ceux qui s'aventurent à l'aider. En effet il peut difficilement admettre qu'il a besoin d'aide, car sa confiance en lui en serait diminuée, pense-t-il.

Donc nous avons en face de nous quelqu'un qui a besoin d'aide mais qui n'a pas forcément envie d'en entendre parler, et qui est hypersensible, derrière des attitudes qui font penser tout l'inverse. Nous ne pouvons pratiquement pas le toucher sans provoquer des réactions plus ou moins violentes, intériorisées ou exprimées.
Amour, tendresse, patience, douceur, voilà ce qu'il lui faut. Préserver sa fierté, ne pas le considérer comme un enfant.

Pour s'en sortir, il n'a besoin ni de reproches, ni d'être trop materné.
C'est important de lui dire la vérité sur sa souffrance, de ne pas chercher à lui cacher son trouble, de lui dire notre compréhension, de lui affirmer que nous sommes prêts à l'aider, mais qu'il doit lui aussi mettre toute sa bonne volonté. Tout cela sans qu'il se sente humilié, diminué ou jugé. Travail très délicat. Mais il ne faut pas désespérer. La base est d'avoir confiance en lui avant tout, et de le croire réellement capable d'en sortir. S'il sent que nous partons vaincus ce n'est pas la peine de faire quoi que ce soit. Pour qu'il ait confiance en lui nous devons avoir confiance en lui et alors croire qu'il va s'en sortir. C'est le point de départ.

La meilleure façon est bien évidemment de le prendre par la douceur puisqu'il souffre déjà bien assez comme cela, n'y est pour rien, et a seulement besoin d'aide.
Mais le problème que nous rencontrons alors est le même qu'avec les enfants : plus nous lui en donnons et plus il en veut. Il est capable de s'apitoyer davantage sur son sort en voyant notre prévenance pour lui et notre compréhension pour sa souffrance. Il est capable de faire davantage l'enfant, puisqu'il aime cette situation où il est au centre des préoccupations.
Il est alors bien capable de choisir plus ou moins consciemment de ne pas guérir, de vivre cette situation le plus longtemps possible.

Mais tout n'est pas perdu. Plus nous l'entourons d'attentions, plus nous le comprenons, et moins il se met sur la défensive. Sa confiance en lui se renforce peu à peu. Il est alors plus à même d'entendre ce qui nous pèse et d'accepter de faire des efforts.
Tout cela dit dans le respect pour lui. C'est vrai que ce n'est pas simple tous les jours. Il faut
s'attendre à faire des erreurs. C'est inévitable.

Pour pouvoir lui dire ce qui ne va pas, il faut être capable nous-mêmes d'entendre ses reproches. Il doit se sentir sur un pied d'égalité avec nous. Ce n'est pas "je vais bien et je te soigne" mais "on va faire tous les deux des efforts pour que ça se passe de mieux en mieux".

Avoir confiance en lui, le comprendre le mieux possible, l'aimer tout en restant relativement ferme pour ne pas l'enfoncer dans son problème mais bien l'aider à en sortir.


La raison d'espérer et de ne pas baisser les bras, c'est que le syndrome de Peter Pan n'est pas incurable. C'est un mal qui se soigne complètement, avec du temps, de la patience et de la volonté.


Lorsque les symptômes d'autisme et ceux du syndrome de stress post-traumatique ont diminué (ou ont tout à fait disparu), il reste généralement ceux du syndrome d'abandon (cf. page "Synthèse" et page  "Le syndrome d'abandon").
Alors il reste :
-son manque d'amour de soi
-son désir d'amour fusionnel qui cause son incapacité à vivre normalement une relation amoureuse.

Face à cela il faut absolument savoir que l'amour que nous lui donnons ne lui donnera pas l'amour de soi qu'il n'a pas. C'est à lui de comprendre sa difficulté et d'y remédier en se raisonnant sur sa propre valeur. Si nous voulons combler cette carence nous-mêmes nous nous épuiserons pour rien, exactement comme si nous versions des seaux d'eau dans un ravin en espérant le remplir un jour. Nous y laisserions notre santé. Ce que nous pouvons faire c'est lui apprendre à s'aimer par nos paroles valorisantes, l'aider à changer son regard sur lui-même. C'est notre respect pour lui bien autant que notre amour qui lui permettra d'avoir ce regard positif sur lui. Voir à ce sujet les pages "La confiance en soi de base" et
"Peut-on aimer sans s'aimer".

Enfin, face à son désir d'amour fusionnel nous ne pouvons que tenter de lui faire toucher du doigt le problème en lui parlant de notre conception de l'amour, en lui expliquant la différence entre fusion et relation. L'amour fusionnel est celui du petit enfant avec sa mère, et aucune relation de couple ne peut tenir sur ce modèle qui est complètement destructeur pour le conjoint qui porte l'autre.

Je pense que la personne est sortie de ce désir d'amour fusionnel lorsqu'elle s'aime elle-même et qu'elle a alors la capacité de se donner au lieu d'être dans l'attente de l'amour de l'autre.

Un test pour savoir si la personne est sortie ou non de son désir d'amour fusionnel est le suivant :
-cherche-t-elle à être devinée et comprise sans s'expliquer (comme le petit enfant au stade de la fusion qui ne sait pas encore utiliser le langage), ou au contraire exprime-t-elle clairement ses émotions, ce qu'elle veut et ce qu'elle ressent?
Cela n'est peut-être pas fiable pour tous, mais généralement ce sera très clair que la personne qui se met à prendre en charge son affectivité en exprimant clairement ses émotions est sortie de son désir de fusion, et est prête à vivre une vraie relation amoureuse.

Il est important de voir aussi la page "Aider les proches". En effet, si vous entreprenez d'aider quelqu'un qui a le syndrome de Peter Pan sans voir la page "Aider les proches", vous risquez d'être surpris par les difficultés rencontrées."


Justement : AIDE aux proches...

Quelqu'un qui a un blocage émotionnel n'a pas d'empathie car pas d'émotion : il ne ressent alors ni honte ni culpabilité.


Avoir de l'empathie est signe de bonne santé psychique, mais plus on a de l'empathie plus on risque de culpabiliser facilement et parfois un peu trop facilement.


- Dans les psychoses, la personne n'a pas de culpabilité car pas d'empathie.
De plus, elle est dans la pensée magique (ou toute-puissance). De ce fait elle ne se remet pas en question.

- Dans l'état-limite, il peut y avoir ou ne pas y avoir empathie et culpabilité.
De plus, la personne souffrant d'état-limite n'arrive pas toujours à se contrôler, c'est pourquoi elle n'a pas toujours accès à la culpabilité. On se sent coupable quand on agit volontairement.

- Dans la névrose, il y a la culpabilité.


Les mécanismes de défense (psychorigidité, déni, clivage, pensée magique, etc...) et le fait de se couper du réel bloquent l'accès à la culpabilité.

Lorsque la personne malade, qui n'a pas d'empathie, a un comportement étrange face à la personne bien portante qui, elle, a de l'empathie, ce n'est pas la personne malade mais la personne bien portante qui cherche en elle ce qui ne va pas dans la relation...

Le plus délicat pour le proche est de ne pas culpabiliser face à un comportement dont il n'est de toute façon pas responsable, et de ne pas se laisser manipuler, de rester ferme...

Je vous livre ici des extraits, la lecture de l'entièreté des pages de ce site sont plus qu'instructives pour ceux que ça interressent...
http://syndrome-de-peter-pan.com/crbst_0.html ou clic sur le titre de l'article (comme souvent...)

24.12.09

Retrouver l'enfant en soi



Voici des extraits très caractéristiques d'une personnalité qui, comme moi, souffre de dépendance affective ou d'abandonisme... Ils ne servent en rien à justifier mes actes et mes façons d'être mais pour que mes proches comprennent et à moi-même pour voir dans quelle direction aller pour en sortir... car on en sort !
Remarque : Je tiens à préciser que, contrairement à l'auteur (Michèle Morgan), je ne pense pas avoir été victime d'abus sexuel ! Mais d'une souffrance psychologique établie et reconnue par des professionnels.

"Pourquoi le ménage des émotions est-il plus ardu et plus long pour certaines personnes que pour d'autres? Cette question m'amène à une autre précision, pour vous aider à déterminer si vous faites partie de cette catégorie de personnes. Les personnes ayant le plus de difficulté à être heureuses de façon toute simple et qui souffrent le plus du mal-être sans raisons apparentes sont celles qui souffrent de ce qu'on appelle la «dépendance affective». 

Vues de l'extérieur, ces personnes semblent avoir tout ce qu'il faut pour réussir dans la vie et pour réussir leur vie. Elles ont belle apparence, jouissent souvent d'une intelligence supérieure, réussissent leurs études, se décrochent facilement un emploi, possèdent des talents et ont développé l'art de plaire. 
Par ailleurs, vues de l'intérieur, ces mêmes personnes souffrent d'angoisse chronique, sont compulsives, recherchent l'amour avec frénésie et sont habitées par une grande nostalgie. Elles-mêmes ne comprennent pas pourquoi elles ont de la difficulté à accéder au bonheur.

Le jour où j'ai enfin admis que je souffrais de dépendance affective malgré tout ce que je réussissais à obtenir par la programmation du subconscient, j'ai aussi réalisé que je ne vivais pas encore pleinement le bonheur. J'avais réussi à survivre à ma détresse et j'entretenais l'illusion que je n'avais plus besoin de travailler à la guérison de mes carences passées. Les étapes parcourues furent quand même très importantes dans mon cheminement et ont contribué, comme je l'ai déjà mentionné, à diminuer une foule d'irritants, rendant, parle fait même, ma vie beaucoup plus reposante et agréable. Mais qui se contenterait de survivre au lieu d'apprendre à vivre pleinement? Qui accepterait d'investir dans l'art de ne pas être malheureux plutôt que de faire le choix de s'exercer à l'art d'être heureux? Certainement pas moi, je m'en confesse et m'en réjouis!

Vous vous demandez sans doute comment je suis ainsi arrivée, après avoir tant écrit et tant parlé au sujet du bonheur, à constater que je souffrais de dépendance affective et comment j'ai enfin pu me libérer de cette dépendance.

La prise de conscience de mon état de dépendance affective s'est d'abord effectuée par le symptôme de l'angoisse. Cette angoisse se manifestait surtout la nuit ou aux petites heures du matin, mais parfois le jour également, par une pression à la hauteur du sternum. Cette manifestation physique de l'angoisse s'accompagnait d'un sentiment incroyable de peur et de panique qu'aucune raison précise n'expliquait. 

Cette grande insécurité me glaçait jusqu'aux os et me précipitait dans un genre de ravin dont je n'arrivais pas à voir le fond. J'avais alors le sentiment que toutes mes luttes pour le bonheur étaient vaines et que la mort était la seule issue pour échapper à cette profonde souffrance morale.

Cet état de mal-être était incontrôlable et se manifestait au moment où je m'y attendais le moins. Je n'y pouvais rien et je tentais d'y survivre en le combattant par l'action. À cette époque, j'ignorais qu'en combattant cet état je combattais en fait cette partie de moi-même qui avait été rejetée dès la plus tendre enfance et qui voulait enfin être accueillie pleinement. Je me jouais donc un très mauvais tour en tombant dans le piège des mécanismes de défense. Il faut bien admettre, cependant, que c'était la seule façon que connaissaient les autres parties de mon être pour survivre, justement, à ce rejet.

Ma difficulté à établir une relation de couple saine et durable a été le deuxième indice à me faire constater que je souffrais bel et bien de dépendance affective. La programmation du subconscient ne me faisait jamais faux bond et m'amenait toujours sur un plateau d'argent des compagnons de route intéressants et intéressés à me fréquenter. Par contre, ces relations finissaient toujours par «tourner au vinaigre» parce que, d'une part, elles étaient basées sur une attirance réciproque entre enfants blessés et non guéris plutôt que sur des affinités plus profondes et un désir d'engagement, et que, d'autre part, les acteurs de ces relations, dont moi-même, n'étaient pas en mesure de comprendre l'art d'aimer puisqu'ils n'avaient jamais eu de modèles pour les inspirer et n'avaient pas pris conscience de leur propre dépendance affective.

Toutes ces relations (à l'exception de la dernière, qui se distingue des autres parce qu'elle était initialement basée sur l'affinité des âmes) ont finalement eu pour but ultime de recréer la relation initiale avec mon père, ou même avec mes deux parents, desquels j'avais ressenti une forme de rejet dès mon arrivée dans cette vie. Le défi, sous-jacent et inconscient, était de faire une fois pour toute la conquête de ces parents, de me prouver que j'étais importante, que j'avais une valeur certaine et que, somme toute, j'étais digne d'être aimée.

Ce long périple, parsemé d'insécurité, de colères injustifiées, de repentirs pathétiques, de bouderies interminables, d'attentes insatisfaites et d'expériences sexuelles non épanouissantes parce que immatures, aurait pu ne jamais se terminer si je n'avais pas réussi à me libérer de la dépendance affective. [...] 

il existe deux types d'âmes soeurs: celles de désintoxication et celles d'évolution spirituelle. Les âmes soeurs de désintoxication sont souvent mises sur la route de gens affectivement dépendants parce qu'elles les obligent à prendre conscience de leurs carences profondes et entraînent de telles confrontations entre les egos des personnes en présence l'une de l'autre que celles-ci doivent finalement évoluer ou se quitter. Comme on dit souvent: ça passe ou ça casse!

Inversement, l'âme soeur d'évolution spirituelle est celle qui nous fournit l'occasion de grandir et de devenir enfin nous-mêmes. La rencontre d'une telle personne occasionne un profond bouleversement; elle permet toutefois d'apprendre à ouvrir son coeur et de prendre enfin, sans peur et sans regret, le risque d'aimer véritablement.

Par ailleurs, lorsque nous vivons quelques ruptures, et surtout au tout début de notre vie, nous n'avons pas tendance à nous remettre en question. Nous décodons plutôt notre difficulté à vivre harmonieusement avec un partenaire en rejetant la faute sur l'autre, «qui ne nous a pas compris», ou en invoquant des circonstances extérieures qui ont nui au couple, comme le manque d'argent, la famille de l'un ou de l'autre, la maladie, etc. Mais après plusieurs expériences similaires, la vraie question fait surface: et si une partie du problème était due à mes propres «bibites»?

Finalement, ma tendance à vivre compulsivement a été le troisième indice assez percutant pour m'aider à faire la prise de conscience de ma dépendance affective. Sans trop m'en rendre compte, je passais d'une activité à une autre en m'embarquant chaque fois très intensément; et, pour me donner bonne conscience, j'expliquais ces excès de zèle sportifs ou autres en me disant qu'ils provenaient tout simplement de mon caractère passionné et intense.

Cette tendance à être compulsive m'a également permis de toucher au fait que je présentais tous les symptômes d'une personne ayant été victime d'abus sexuels. Je tiens à préciser ici que l'abus sexuel prend des formes très diverses d'un vécu à un autre et qu'il est démontré que les abus uniquement psychologiques et moraux sont aussi réels et nocifs que des abus physiques aussi graves que l'inceste. 

Tout est dans la perception de l'enfant qui s'est senti abusé.

Mais dans tous les cas, un cercle vicieux émotionnel s'inscrit dans cet enfant qui se sent abusé, refoulant au plus profond de lui l'enfant «sain et heureux» pour faire place à un enfant «adapté, malheureux et angoissé» même s'il semble bien s'intégrer dans la vie et être épanoui. Par la suite, l'adolescent et l'adulte reproduisent ce cycle émotionnel tant et aussi longtemps que l'enfant sain n'aura pas la chance d'être entendu, accueilli, respecté et aimé.

[...]


Vous comprenez, maintenant, à quel point la dépendance affective est une entrave au bien-être et à la réalisation de soi. Il est donc important de faire tout en notre pouvoir pour nous en défaire en prenant contact avec notre enfant intérieur et en devenant le parent attentif et aimant de cet enfant. Et sachez que personne ne peut vous remplacer auprès de votre enfant intérieur et que c'est seulement après avoir effectué la symbiose avec lui que vous vous libérerez de l'angoisse et de la panique sans fondement qui vous hantent au fil des jours et surtout des nuits. 


[...]


De plus, j'ai suivi très rigoureusement les conseils de mon frère en supprimant le plus possible de ma vie, au cours de cette période, toutes formes de substances qui pourraient me distraire de mon but. Par exemple, si je m'éveillais la nuit, au lieu d'aller me chercher quelque chose à boire et à manger, je choisissais d'investir du temps pour reprendre ma conversation avec la petite Michèle en lui demandant de me parler, de me livrer ses peines et ses colères. J'ai souvent eu des réponses par le biais de rêves qui m'ont révélé plusieurs énigmes de ma vie.  


[...]


Au cours de cette démarche, si je ressentais, par exemple, des pulsions sexuelles non opportunes, je les considérais comme une autre occasion d'entrer en contact avec la petite Michèle saine et de la rassurer. 

Dans de tels cas, on explique à l'enfant en soi qu'il avait le droit et a toujours le droit de ressentir du plaisir. Ensuite, on le déculpabilise, en lui disant qu'à l'époque où il a vécu des rejets ou des abus sexuels, ce n'était absolument pas ce dont il avait besoin. En effet, la normalité aurait commandé que l'adulte lui procure tendresse et affection, et non des plaisirs d'ordre sexuel. On lui dit enfin que, désormais, on va lui procurer cette affection dont il avait besoin et dont il a encore besoin maintenant. 

On assure cet enfant en nous de notre amour inconditionnel. On lui dit qu'il n'est aucunement responsable, qu'il a été entraîné dans une activité sexuelle dont il n'avait pas besoin et que nous allons rétablir la normalité. On peut aussi demander à l'enfant de nous amener voir la ou les personnes qui ont abusé de lui pour lui laisser la possibilité d'exprimer à ces personnes cequ'il aurait eu envie de dire au moment où il a subi lesabus.

Ce travail constant, que vous accomplirez avec patience et amour, peut vous libérer entièrement de toutes formes de carences émotionnelles passées et vous conduire à une vie affective et sexuelle tout à fait épanouie.

Les manifestations de l'enfant se produisent plus fréquemment lorsque nous entrons en interaction avec notre conjoint plutôt qu'avec de simples connaissances parce que, avec ces dernières, nous portons le plus souvent des masques qui cachent nos véritables émotions. Par contre, les émotions manifestées avec notre conjoint sont souvent hors de proportion avec les événements vécus aujourd'hui.

Voici un bon exercice à effectuer durant la période où l'on recherche l'enfant en soi: il s'agit d'observer chaque moment d'émotion intense (colère, peine ou insécurité), de faire un effort mental pour se détacher du moment présent et d'essayer d'entrer à nouveau en contact avec cet enfant pour comprendre ce qui l'a amené à se manifester ainsi et dans des circonstances qui ne justifient pas un tel comportement de la part d'un adulte. Si, par exemple, votre conjoint ne semble pas écouter ce que vous lui racontez et que vous devenez très anxieux et colérique en vous imaginant qu'il ne vous porte aucun intérêt et ne vous respecte pas, au lieu de vous dire qu'il est peut-être tout simplement fatigué et préoccupé, essayez de voir si cette situation ne serait pas la répétition de ce que vous avez vécu des centaines de fois avec votre père ou votre mère.

Si vous souffrez d'une jalousie maladive chaque fois que votre partenaire s'intéresse à quelqu'un d'autre, que vous dormez mal lorsque vous avez à passer quelques jours seul à la maison, que vous vous sentez souvent incompris et non respecté de la personne qui partage votre vie, que vous avez de la difficulté à écouter cette personne sans l'interrompre et argumentez sans cesse avec elle, vous souffrez probablement de dépendance affective. Il se peut qu'effectivement cette personne ne vous comprenne pas et vous manque parfois de respect, mais le simple fait que vous ayez choisi cette personne pour cheminer vous indique clairement que vous vous êtes placé en situation de revivre inlassablement tous les rejets de votre enfance sans pour autant réaliser votre grand rêve d'être aimé par vos parents. Ce temps est passé et il ne peut revenir. Comme je vous l'ai déjà mentionné, la seule façon de vous en sortir maintenant est de devenir vous-même ce parent attentif et bon sur lequel vous pourrez toujours compter.

Lorsque vous aurez commencé à déblayer le terrain, prenez une feuille blanche et un crayon, et identifiez de façon spécifique chacune des émotions qui vous habitent, soit la colère, la peine, la peur et la joie. Par la suite, prenez le temps d'accueillir chacune d'elles et d'en apprécier la validité.
La colère est légitime lorsqu'elle se présente parce que vous vous respectez et voulez vous faire respecter. La peine s'explique parce que le besoin de votre enfant intérieur d'obtenir de l'attention et de l'affection n'est pas comblé. Arrêtez-vous et prenez quelques minutes de votre temps pour satisfaire ce besoin. La peur dénote la présence de l'instinct de conservation qui vous permet de survivre aux traumatismes et aux dangers que vous avez dû traverser avant de devenir adulte. Rassurez votre enfant intérieur, dites-lui que maintenant vous êtes là et que les dangers sont disparus et ne pourront plus vous atteindre.

Quant à la joie, vous n'y aurez vraiment accès qu'une fois les autres émotions bien identifiées et accueillies. Mais cette joie sera si intense et si réconfortante que vous comprendrez enfin l'expression courante «je déborde de joie».

Une fois cette démarche terminée, utilisez la même approche en identifiant cette fois vos sentiments négatifs, comme la honte, la culpabilité, l'impuissance et la peur d'être rejeté. Puis, accueillez ces sentiments pour vous permettre, ensuite, de vous en libérer définitivement. La guérison totale ne se produira pas d'un seul coup, comme si vous aviez utilisé une baguette magique, et vous aurez parfois l'impression de subir des rechutes. Ne vous découragez pas, cependant, car je sais, par expérience, que ces moments de faiblesses ne sont que de «petites saucettes en enfer», comme dit mon frère, qui ont pour but de renforcer notre désir de nous sortir définitivement de la dépendance affective.

Et tout à coup, vous aurez vraiment la certitude que vous êtes guéri. Vous aurez alors accès à des sentiments positifs comme la paix, la sérénité, le calme et l'amour véritable.



[...]


La présence d'une composante psychosomatique dans l'apparition de malaises physiques plus ou moins graves ne fait plus de doute aujourd'hui. Cela n'exclut pas la présence de virus ni de causes héréditaires à certaines maladies. Par ailleurs, chaque personne a tout intérêt à bien observer ses comportements et ses pensées avant de prétendre n'avoir aucune responsabilité en regard de ses maux physiques. Pour explorer cette vision de nos malaises physiques, je vous encourage à lire le magnifique ouvrage Métamédecine écrit par mon amie Claudia Rainville qui oeuvre depuis plusieurs années dans ce domaine et dont l'expertise est reconnue mondialement. Ayant elle-même souffert de dépendance affective et de plusieurs maladies qu'elle a réussi à surmonter par l'approche de la métamédecine, elle a aidé un grand nombre de personnes à se libérer d'une telle dépendance et de jouir enfin d'une bonne santé.  

[...]


Tant chez l'adulte que chez l'enfant, le corps parle. Il nous parle de nos émotions, de nos manques, de nos carences et de nos attentes d'enfant blessé.

Retrouver l'enfant en soi est donc un défi à relever. Il est facile d'accès mais difficile à vivre, en ce sens qu'il vous amènera à vivre et à revivre, tant que vous n'aurez pas complété le processus, des souffrances égales ou même supérieures à celles que vous avez ressenties lorsque vous étiez cet enfant. 
Ce n'est qu'à ce prix que vous réussirez. Il y aura des pleurs, des craintes de ne pas survivre et des découragements. Mais, croyez-en mon expérience et le témoignage de milliers d'autres personnes qui ont réussi à traverser ce tunnel, chaque pas est irréversible et vous conduit vers la liberté et l'indépendance affective.

Une fois le tunnel franchi, vous ne verrez plus la vie avec le même regard. En étant en symbiose avec vous-même, vous retrouverez le sentiment d'omnipuissance du foetus relié à sa mère. Les peurs et les colères ne dureront que quelques minutes tout au plus, l'insécurité disparaîtra pour faire place à la confiance puisque vous ne serez plus jamaisseul, et l'amour inconditionnel de vous-même vous donnera accès à l'amour véritable sous toutes ses formes. 

J'étais vraiment insupportable par ma trop grande sensibilité; ainsi, s'il m'arrivait de faire involontairement une petite peine à une personne que j'aimais, au lieu de prendre le dessus et de ne pas pleurer, ce qui augmentait ma faute au lieu de la diminuer, je pleurais comme une Madeleine etlorsque je commençais à me consoler de la chose en elle-même, je pleurais d'avoir pleuré.
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus


"


23.12.09

L'enfant en soi...


Voilà si bien résumé tout mon programme et tout ce qu'il me reste à faire. Ces mots ne sont pas de moi mais il traduise bien ce vers quoi j'aspire aujourd'hui afin de ne plus blesser ceux auxquels je tiens...


http://www.chezmagy.com/poeme_jojo/communiquer_enfant_en_soi/40.htm


Bien des gens ne savent pas ce que veux dire retrouver l’enfant 
en nous car tout se passe à l’intérieur de nous...

Dans mes mots, ce que je veux dire, c’est qu’en chacun de 

nous sommeille l’enfant quand nous étions jeune.
Quand nous avons vieillis, nous l’avons oublié.
Il ne demande qu’à s’exprimer cet enfant en nous.

Par exemple dans notre société, où tout va mal, familial,

professionnel, santé, etc., nous oublions de vivre pour nous.
C’est là que l’enfant en nous peut s’exprimer.

Pour retrouver cet enfant en nous, nous devons, avant tout,

 retrouver notre estime de soi, notre confiance et
notre place en tant qu’humain.
Retrouver nos rêves, nos joies, nos loisirs et
être bien avec nous même.
Et pour cela, nous devons apprendre à nous aimer.
Comme nous sommes sans artifices, sans murs et barrières,
que l‘on s’est fait tout au long des années.


Quand je veux retrouver l’enfant en moi, je repense à mon enfance.
J'étais heureuse, confiante, sùr de moi.
J’aimais la vie telle quelle se présentait à moi,

sans me casser la tête pour savoir ce que sera demain.
Je pardonnais facilement, je ne jugeais pas,
j’étais insouciante des conflits de tout le monde.
Alors là, j’étais vraiment heureuse car je n’avais aucune

 responsabilité, je ne me cassais pas la tête.

Aujourd’hui, quand je regarde autour de moi, je me rends 

compte que tout ce que j’avais enfant s’est envolé.
Je n’ai plus confiance en rien, je me méfie de tout le monde,

je manque de confiance en moi.
J’ai parfois tendance à juger autrui et je me

 rends compte que cela me rend malheureuse.

Alors, doucement, je m’assoies et je prends du temps pour moi.
Je recherche tranquillement en moi cet enfant qui sommeille,

et je peux vous assurer que ça marche.
Car, maintenant, je sais qu’enfant, je ne cherchais pas à faire 

mal ou à blesser mais plus a être heureux et 
rendre les autres heureux.
Car j’étais moi-même.
La vie ne m’avait pas encore blessée.


Alors souvent je retrouve cet enfant en moi pour être bien dans

 ce que je suis et surtout être heureuse dans ce que je suis devenue.

Vous aussi vous pouvez le faire.


Essayez-le, vous y prendrez gôut.
car l’enfance était notre plus beau temps.


Johanne


16.12.09

Laisser moi m'expliquer, s'il vous plait...




Bonjour,
Afin de lever tous les doutes et surtout d'éviter encore un peu plus longtemps d'entendre des bêtises grosses comme des maisons sur mon état mental (encore entendre parlé de schyzophrénie ou de bipolarité par exemple !!), je tiens à dire ceci :
Je suis en thérapie, un diagnostic a été posé au bout de 3 séances (c'est à dire lundi passé) et je souffre d'une personnalité abandonnique. Ceux qui connaissent mon passé croirons trouver aisément les causes et conséquences de cet abandon et de cette personnalité un peu étrange à priori ("limite") et fatiguante (lassante, blessante) à vivre au quotidien, je le reconnais.
Je suis en plein dedans, en crise quelque part pour le moment, les morceaux suivants vous le prouverons.
Je ferai tout pour sortir de ce problème qui me pourri la vie autant que celle des autres, même si vous-même n'y croyez plus. J'applique déjà certaines petites choses (peu visible) que mon psy m'a conseillé, pas toujours  avec succès mais avec détermination. Laissez moi juste un peu de temps pour guérir cette blessure et trouver comment faire face au quotidien. Mon psy m'a dit qu'il y avait moyen de guérir de ce problème, que ça demanderait du travail et une grosse remise en question mais que je pourrai arriver à ne plus vivre avec cette peur. Il y croit en tout cas et moi aussi.
Mais sachez une chose : je ne vous en veux pas, pour rien, je n'en veux qu'à moi-même d'avoir si longtemps été aveugle et muet et de ne pas avoir voulu voir ma réalité en face. Mes hospitalisations précédente n'ont jamais tenté de guérir cela, il s'agissait de combattre les voix et ensuite les médicaments, jamais ce vrai problème, bien trop profond pour être visible de suite et bien trop difficile à admettre pour moi. Je reconnais que c'est de ma faute et j'en assumerai l'entière responsabilité aussi bien au niveau des conséquences que des dégâts occasionnés.
Il est temps que je me mettes au travail, je sais maintenant contre quoi je lutte et j'ai admis ce problème, je ne voudrai très certainement pas tout perdre à cause de ça, c'est déjà quasiment le cas d'aileurs, et c'est ce qui arrivera si je ne fais rien. Car c'est ce que je cherches, être abandonné, mais INCONSCIEMMENT. Ne m'en voulez pas surtout. Et essayez d'y croire, je ne suis pas un monstre...
Je tiens aussi à m'excuser pour le mal que j'ai fais autour de moi à cause de ça, des mots très durs et des fantaisies mensongères que j'ai employé pour blesser ceux que j'aime et des attitudes de mise à l'épreuve qui ne se justifiaient pas afin de vous faire porter la responsabilité de mon malêtre. Essayez juste de comprendre, de ne pas me juger et de me pardonner si vous le pouvez.
Merci


Voici les extraits :


L'abandonnique redoute par-dessus tout le fait qu'on ne s'occupe plus de lui. Il voit dans ce manque de sollicitude une privation d'amour qu'il ressent comme une frustration. Il réclame des certitudes absolues et des réassurances persistantes, seules certaines personnes élues comme objets sont capables de lui apporter la certitude qui alimente sa sécurité. Il est habité par la hantise d'être abandonné et, projetant sa peur sur l'objet, il lui attribue des arrière-pensées, des doutes, des sentiments d'antipathie, des intentions méchantes ou des mobiles agressifs et hostiles. 
- Mes fabulations -


Cette crainte constante d'être "lâché" met l'objet dans une situation si difficile et si lassante qu'elle peut aboutir à la longue à un lâchage réel. Telle est la fatalité qui pèse sur l'abandonnien, il favorise l'abandon. (1)
Un certain air de déjà entendu, non ?

Si la "névrose d'abandon", n'est pas un ensemble de phénomènes réactionnels à un abandon vrai, elle n'est pas non plus une névrose au sens freudien du terme. Elle n'est pas la conséquence d'un conflit, elle relève d'un stade antérieur du développement de l'individu. Il s'agit d'une névrose pré-oedipienne, avec un vécu extrêmement actif, mais de façon consciente, qui n'a été ni accepté et "digéré", ni refoulé. Il est ressenti comme actuel, malgré son ancienneté et, dans la plupart des cas, le sujet le ressasse sans cesse. Il crée la névrose non du fait de ses irruptions inconscientes dans la vie du patient, mais par suite des décalages et anachronismes qu'il provoque.
J'ai bien dit que je m'en rendais compte et que je provoquais cela en mélangeant passé et présent, que l'histoire se répète. Mais cela vient de plus loin...

Le névrosé vit sur deux plans (petite enfance, âge réel) les confondant et se comportant en conséquence. Ce sont des gens demeurés à un stade primitif, où toute force instinctuelle et affective semble drainée dans un seul sens, s'assurer l'amour et par là, maintenir la sécurité. Il y a primauté de l'image maternelle et paternelle maternisée pour les deux sexes. L'évolution affective liée au développement normal de l'instinct sexuel, telle que Freud l'a décrite, ne peut se produire : pas d'Oedipe, ou tendance oedipienne sporadique et de faible intensité, toujours prête à "s'infantiliser".
Affectivement, je suis toujours un enfant, je ne l'ai jamais caché...

Partant de là, pas de Surmoi. C'est le Moi, et non le Surmoi, qui s'oppose à l'Oedipe, un Moi très primitif pour qui la relation oedipienne est inconcevable car elle constitue une menace quant à la sécurité. L'abandonnique aspire au sentiment de fusion avec un autre être (la mère) et non au sentiment de relation qu'il ne conçoit même pas.
Même si ça fait mal à entendre, il faut bien l'admettre. On appelle ça être possessif, exclusif aussi...

Les abandonniques ont toujours deux caractères en commun : l'angoisse et l'agressivité qui se rattachent à un état psychologique initial, caractérisé par l'absence d'un juste sentiment du Moi et de sa valeur propre. C'est sur l'angoisse qu'éveille tout abandon, sur l'agressivité qu'il fait naître et sur la non-valorisation de soi-même qui en découle, que s'édifie toute le symptomatologie de cette névrose. (1)

a) les peurs et l'angoisse

Non-valorisé, l'enfant se trouve dans un état de faiblesse et d'impuissance qui donne naissance aux terreurs. L'adulte qu'il devient ne peut s'en délivrer, il reste ce qu'il était : un être prématuré devant la vie, incapable de s'y adapter par lui-même, la réalité demeurant pour lui hostile et inaccessible.



Pour Odier C. (2), les peurs et angoisses de l'abandonnique, soit à l'état de veille, soit à l'état de sommeil (cauchemar), ont toutes les caractéristiques des terreurs primaires de l'enfant en face des êtres et objets doués par lui d'une toute-puissance maléfique. On peut retrouver des peurs cosmiques (tremblement de terre, ...), physiques (feu, vide, armes, animaux, maladies, mort, ...), psychiques dont l'objet central est la peur de manquer d'amour ou peur de le perdre.

Parmi celles-ci il y a :


- la peur de se montrer tel que l'on est : l'abandonnique doute qu'on puisse l'aimer tel qu'il est, car il a fait la cruelle expérience de l'abandon, alors qu'il se proposait à la tendresse des autres, tout petit, donc sans artifice

- la peur du risque affectif : l'angoisse de l'abandon et de la solitude entraînent une peur intense de tout ce qui peut comporter un risque dans ce sens

- la peur de la responsabilité : pour éviter ce risque, l'abandonnique ne s'engage affectivement vis-à-vis de rien ni de personne à moins de garanties sérieuses. D'une manière générale, il redoute la responsabilité et a tendance à la rejeter sur autrui

Hanté par la peur de perdre l'amour, l'abandonnique cherche à se préserver de ce malheur et de l'angoisse qui l'accompagne par des mesures de protection, tantôt négatives (refus de s'engager, s'infliger l'abandon pour éviter le sentiment d'être le jouet d'autrui : lâcher pour ne pas être lâché), tantôt positives (dévouement, asservissement à autrui, soin porté à préserver le lien, ...).


L'angoisse abandonnique a toutes les caractéristiques du stade de développement élémentaire auquel elle appartient. C'est l'angoisse primaire par excellence, liée à l'incapacité de l'enfant de satisfaire ses propres besoins et de se défendre contre les menaces du monde extérieur. Elle est immédiate et parfois très confuse, constituée par un débordement d'émotion que le Moi est incapable d'endiguer.
Quand je dis que je ne controle pas mes émotions dans ces moments là, que je ressens un maletre que je n'explique pas...

Dès la deuxième année, elle participe au stade magique et à la prélogique enfantine, elle garde ces caractères, quel que soit l'âge du sujet. Sous le coup d'une menace de frustration, l'abandonnique régresse immédiatement au stade d'impuissance primaire, et son Moi, envahi par l'émotion et la peur, ressent le malheur comme inévitable et déjà consommé. (1)
Même chose, étant donné les années que je souffre de cela, dans ces moments là, c'est une régression vers l'enfant qui s'opère, vous n'avez plus l'adulte froid et analytique mais un gosse qui hurle qu'on s'occupe de lui, simplement.


b) l'agressivité


Elle est réactionnelle, consécutive aux privations d'amour de l'enfance et susceptible de diminuer, puis de disparaître au cours du traitement. Elle se manifeste par la vengance, faire subir à l'autre ce dont l'abandonique a souffert lui-même et menacer, frustrer, abandonner. Il fait payer à autrui ses souffrances passées de mille façons :

- par les exigences sans limite de son besoin d'amour



Exigences liées à la pensée magique, la plus grande preuve d'amour qu'il réclame de l'objet est non seulement d'être compris, mais d'être deviné. Il s'agit de mettre à l'épreuve pour faire la preuve soit en disant le faux pour mettre à l'épreuve le don divinatoire de l'objet, et par là même s'assurer de son intérêt et de sa compréhension, soit de savoir si l'objet aimera malgré tout le sujet tel qu'il est et si désagréable qu'il puisse se montrer, la mesure de son endurance donnant la mesure de son amour.
Flagrant chez moi, non ????


 Exigences liées à la méconnaissance de l'intention, les paroles sont trompeuses, la compréhension intérieure et les sentiments sont sujets à caution. Il lui faut des faits, et ces faits seront envisagés par lui à l'état brut, dépouillés de leur contexte, des circonstances connexes, des intentions de l'objet : "il aurait pu arriver à l'heure s'il l'avait réellement voulu, s'il le désirait vraiment, il pourrait vaincre tous les obstacles". Le manque de sécurité affective joint à un égocentrisme très primitif abolit le sens du possible, du réel et le fait recourir à la croyance magique en la toute puissance de l'objet.
Croire à des choses qui ne sont pas vraies...


 Exigences liées au besoin d'absolu : l'abandonnique aspire à tout partager avec l'être qu'il aime, à tout savoir, à tout faire avec lui. L'attachement abandonnique est exclusif, il n'admet ni l'absence, ni le partage, c'est tout ou rien. (1)
"Je te demande juste de passer 5 min avec moi et de t'interresser à moi..." C'était déjà une énoooorme concession pour moi.

- par une attitude passive


Demeuré fixé au stade réceptif et captatif de l'enfance, il attend tout d'autrui. Dans les cas aigus, il demeure passif dans tous les domaines de la vie. Cette lacune est exploitée par l'abandonnique dans le sens de sa névrose, pour prolonger la jouissance d'un état infantile d'irresponsabilité et pour avoir barre sur autrui en l'asservissant à ses besoins. On retrouve ici le déplacement d'agressivité tendant à faire supporter par les objets actuels les fautes commises par les parents, et leurs nombreuses conséquences. (1)
Je n'ai pas d'avis, pas d'envie, je fais ce qu'on me dis, un bon petit soldat, je laisse les autres me dire quoi faire, comment me comporter pour les rendre heureux, je ne décide rien parce que j'ai peur. De même, quand je fais des reproches, ce n'est généralement pas sur vous que j'en ai, vous pouvez dormir tranquille.

- par ses interprétations "fantaisies et comportement masochique
Il s'agit dans ce cas d'un masochisme affectif et non d'un masochisme moral comme Freud l'a décrit (retournement contre soi d'un sadisme primitivement dirigé contre autrui, puis refoulé). Odier C. (2) l'a décrit comme primaire, partiellement donné dans la constitution même de l'individu et renforcé par l'abandon, il n'est donc pas le produit d'un refoulement dû au Surmoi. Ses mécanismes, élaborés par le Moi, sont généralement conscients ou préconscients et semblent vouloir d'une part, renforcer et justifier le sentiment de non-valeur de soi-même, d'autre part, d'alimenter la rancune initiale et l'empêcher de s'éteindre. La dimension agressive est bien présente : en s'en prenant à soi-même, en niant sa propre valeur, en s'abaissant, en s'avilissant, en se détruisant psychiquement, le sujet sait bien qu'il atteint l'objet, et à travers lui, parfois directement aussi, la mère ou le père coupable du manque d'amour. 


On peut observer trois groupes de manifestations masochiques selon Guex G. (1) :
- les manifestations masochiques liées au besoin de mettre à l'épreuve pour faire la preuve : résultat de ses fausses attitudes, ses faux refus, ... qui le privent sans cesse de ce qu'il souhaite, de ce à quoi il aspire. Ils accentuent sa situation d'infériorité, son état de dépendance et aboutissent à l'échec
- les manifestations masochiques explosives : scènes de désespoir, crise de dévalorisation dirigées contre l'objet, accès d'angoisse plus ou moins spectaculaires. Plutôt qu'à se faire consoler et rassurer, le sujet vise à blesser l'objet, à le désemparer, à lui donner de la culpabilité, car le propre de ces crises est de mettre en évidence l'irresponsabilité du sujet et la complète responsabilité de l'objet
- les manifestations masochiques secrètes : rêveries et fantasmes masochiques de caractère affectif, non sexuel. L'agressivité est présente car dans ses fantasmes, l'objet devient capable de tout, c'est-à-dire du pire : tromperies, infidélité, abandon


c) la non-valorisation
Les circonstances traumatisantes qui ont privé l'enfant de sécurité affective se sont produites dans ses premières années, alors que tout son développement était encore à faire et que, par conséquent, l'acquisition du sentiment de la valeur de soi-même était à venir. Il ne s'agit donc pas ici d'un sentiment de valeur perdu, mais d'un sentiment de valeur non-acquis. Cette non-valorisation de l'abandonnique en tant qu'objet d'amour s'exprime en premier lieu par des doutes multiples envers lui-même : "je ne vaux pas qu'on m'aime". Ces doutes ont tendance à se fixer sur des manifestations extérieures de la personnalité ou sur quelque défaut physique, autour duquel se cristallise toute l'insécurité du sujet. Le mécanisme de défense en jeu est le rejet de la responsabilité par la projection à l'extérieur des causes du trouble. 


Il arrive parfois que des abandonniques se rendent compte de certaines lacunes intérieures, c'est à elles que s'accroche et s'alimente leur sentiment d'impuissance : manque d'intelligence, de culture, ... Ce sont alors ces manques illusoires ou réels qui justifient pour eux leurs échecs affectifs, leurs déceptions en amitié ou en amour. Les doutes de l'abandonnique quant à lui-même sont renforcés par un mécanisme qui procède de la même cause, c'est-à-dire de la non-valorisation, consistant à survaloriser autrui dans la mesure même où l'on se sait dévalorisé. A son tour, la survalorisation des autres engendre la tendance à se comparer sans cesse à eux, à son propre détriment. Cercle fermé, où un mal fait naître un plus grand mal. La non-valorisation affective amène toujours l'abandonnique à un sentiment extrêmement pénible et obsédant d'exclusion, de n'avoir nulle part sa place.
De cette non-valorisation découle une fausse notion de soi-même, un manque de respect et d'un juste intérêt pour soi-même. (1)


Du point de vue psychique, la petite enfance des névrosés adultes, comme celles des enfants directement observés en période d'angoisse d'abandon, présente trois traits caractéristiques :
- une forte affectivité, avec prédominance des besoins affectifs sur les autres besoins
- un besoin possessif intense, plus ou moins camouflé, à l'égard des êtres qu'il aime. Intolérance à la privation, à l'absence, au partage
- une tendance marquée à l'anxiété
Le petit abandonnique témoigne d'une sorte de "gloutonnerie" affective (à rapprocher de la gloutonnerie réelle que manifestent certains enfants en période de carence affective). Pour qu'il soit heureux et paisible, il faut qu'il se sente entouré de tous ceux qui l'aiment et qu'il chérit en retour, que rien ne menace l'unité familiale en général et singulièrement son unité avec la mère et que celle-ci lui donne preuve sur preuve de son amour. Inversement, tout ce qui menace cette unité, tout ce qui lui semble porter atteinte à l'exclusivité du lien, déclenche son désespoir ou sa révolte. 


Sa sécurité s'effondre avec la même facilité qu'elle se retrouve : il dépend entièrement du climat créé autour de lui, et ce climat lui-même est dû souvent à de très petites choses, des nuances, des riens, qu'un autre enfant ne remarque même pas et qui risquent de passer inaperçus aux yeux de l'adulte inattentif. 


Facile à éduquer et à adapter aux exigences de la vie pour tout ce qui ne touche pas à l'affectif, car là ne réside pas son intérêt primordial, il manifeste une intolérance quasi absolue à tout ce qui implique un renoncement sur le plan de l'amour possessif. (1)


A un moment de son existence, l'enfant s'est trouvé en face d'une privation d'amour non objectivement motivée, par exemple dans les innombrables cas de "fausse présence" maternelle. Une fausse-présence qui s'oppose à la réalisation d'une concordance correcte et heureuse entre l'action de l'objet et les besoins du sujet, cela se ramène à une présence purement corporelle ou matérielle avec succession d'actes moteurs et de paroles impersonnelles. L'enfant s'est senti seul, ne comprenant pas et s'angoissant. De ces privations-là la mère la plus attentive ne peut donner que des explications superficielles et fausses, que l'enfant enregistre comme telles, puisque les raisons véritables, le plus souvent, lui échappent à elle-même. L'analyse prouve que le besoin de s'expliquer son malheur tourmente alors profondément l'enfant. Il faut qu'il comprenne. Suivant sa nature et ses tendances profondes, il adopte soit le point de vue de l'infériorité "Je ne vaux pas qu'on m'aime", soit le point de vue de la culpabilité "C'est ma faute, on ne peut pas m'aimer parce que je suis méchant". Il est rare que la névrose d'abandon s'installe suite à un abandon réel. (2)
On retrouve donc la même étiologie que dans l'angoisse d'abandon, cela laisse supposer qu'un enfant souffrant d'angoisse d'abandon risque de devenir un adulte abandonnique s'il n'a pas été aidé dans son enfance.



Sources :

http://www.aidepsy.be/en_savoir_plus_abandonnisme
http://www.machronique.com/syndrome-dabandon-ou-abandonnisme-maladie-mentale-de-lenfant-abandonnique/
http://www.educspe.com/lexique/definitions/abandonnique.html

9.12.09

Deuil, qu'est-ce que c'est....


Un deuil est une étape que chacun vit un jour ou l'autre, chacun avec sa propre perception et ses propres défenses, pouvant parfois l'amener vers des problèmes psychologiques plus graves si cela n'a pas été bien géré ou mal passé. Cela a été mon cas et encore aujourd'hui, plus de 20 ans après, je ne comprends toujours pas toutes les implications que cela aurait du avoir et les blocages que cela à induit dans ma personnalité. Je livre ici des extraits d'un article traitant, de manière un peu froide mais très claire, des différences entre les étapes d'un deuil normal et pathologique 

 

En français, le terme "deuil" possède plusieurs significations :
·        Au sens usuel (celui dont il est question dans le cadre de cet enseignement), la notion de deuil se réfère à l'expérience de la mort d'autrui :
-           Ce terme désigne tout d'abord la perte liée au décès d'un être proche, qu'il s'agisse d'un parent ou d'une personne chère.
-           Il désigne également la réaction psychologique consécutive à cette perte, qu'il s'agisse des différents états traversés par l'endeuillé (notamment la tristesse propre au deuil), ou du processus psychologique évolutif et prolongé ("travail du deuil") conduisant naturellement la fin de cette expérience.
-           Il désigne enfin les différentes manifestations individuelles, familiales et sociales liées au deuil, ces manifestations étant plus ou moins ritualisées et diversement codées sur le plan culturel.
·        Par extension métaphorique, on applique aussi ce terme à l'ensemble des pertes et des frustrations, réelles ou symboliques, ayant une valeur significative pour un sujet donné (on dit, par exemple, qu'un individu "fait son deuil" de l'amour d'un autre, d'un statut professionnel convoité, etc.).
 
Plus précise, la langue anglaise désigne utilise un seul terme pour chaque signifié :
-           "Bereavement" signifie la perte elle-même (la séparation, la dépossession).
-           "Grief" signifie la peine, le chagrin, la douleur ("sorrow" traduisant une forme de chagrin moins intense).
-           "Mourning" traduit le processus du deuil proprement dit, la réaction affective qui suit la perte.
 
Impact psychologique et épidémiologie du deuil :
·        Le deuil est une expérience quasi universelle, à laquelle sont confrontés un jour ou l'autre la plupart des individus, souvent même à plusieurs reprises. Les statistiques témoignent ainsi de la grande fréquence du veuvage : on estime qu'il existe environ 4 millions de veufs en France. Il s'agit d'une population âgée (plus de 85 % ont plus de 60 ans), dont le sexe-ratio femmes/hommes (5/1 en moyenne) augmente avec l'âge.
·        L'impact psychologique du deuil est particulièrement marqué :
-           Les instruments d'évaluation des événements de vie (EV - "life events") situent ainsi le deuil parmi les EV les plus stressants. Les conséquences psychologiques du deuil varient toutefois beaucoup d'un sujet à l'autre : elles dépendent notamment des conditions du décès, mais surtout des liens affectifs qui unissaient le décédé et l'endeuillé. On considère ainsi que la perte du conjoint fait partie des événements ayant le plus fort retentissement psychologique, surtout si le décès est consécutif à un suicide, la perte d'un enfant se situant au même niveau de sévérité que dans ce dernier exemple.
-           L'impact psychologique du deuil est également lié aux conséquences psycho-sociales durables de la perte, celle-ci pouvant se traduire par une altération prolongée du support psycho-social de l'endeuillé (support affectif, financier, relationnel, etc.).
·        Bien que douloureuse et prolongée, cette expérience s'inscrit habituellement dans un processus psychologique normal. Il est toutefois des deuils pathologiques ou compliqués qui sont source de souffrance et de désadaptation marquées, en raison d'une perturbation du processus de deuil, ou de la survenue d'un trouble psychiatrique : épisode dépressif majeur, surtout, mais aussi, parfois, trouble anxieux. Ces complications justifient la mise en œuvre précoce d'un soutien psychologique pour les plus vulnérables des endeuillés et d'un traitement adapté en cas de trouble psychiatrique.
·        Le médecin est confronté au deuil dans de multiples situations : lors de l'annonce du décès d'un patient hospitalisé (adulte ou enfant) à ses proches, lors de la consultation d'un endeuillé en médecine générale, lors de l'examen d'un enfant venant de perdre un de ses parents en médecine scolaire, à l'occasion d'une complication psychiatrique, plus rarement. Les soignants peuvent être eux-mêmes directement engagés dans un processus de deuil lors de la perte d'un de leurs proches, mais aussi lors du décès de patients avec lesquels s'étaient établis de forts liens relationnels.
 

 

LE DEUIL NORMAL

 
Aspects psychologiques : les trois phases du deuil :
Si la durée des deuils varie d'un individu à l'autre, on considère que la majorité d'entre eux sont achevés au bout d'un an. On distingue trois étapes dans cette période de deuil, telle qu'elle a été décrite chez les veuf(ve)s :
1.       La phase initiale ("phase de détresse", "phase d'impact", "phase d'hébétude") est caractérisée par l'état de choc : le sujet est saisi par la stupéfaction, l'incrédulité qui traduit le déni défensif ; il se trouve brutalement plongé dans un état de torpeur, d'engourdissement, dans lequel il continue à vivre et à agir, mais de façon automatique.
Cette période est inconstante : elle dure en général quelques heures à quelques jours, exceptionnellement plus d'une semaine. Le sujet n'en conserve que peu de souvenirs.
2.     La phase centrale, dite de dépression ou  de repli, représent e la période aiguë du deuil. Elle est caractérisée par :
-           Un état émotionnel intense d'allure dépressive avec : tristesse, pleurs, culpabilité, honte, irritablité, anorexie, insomnie, sentiment de vide, fatigue. Un sentiment de colère vis-à-vis du mort n'est pas rare. Colère et culpabilité traduisent l'ambivalence de l'endeuillé, qui est pris entre le sentiment de n'avoir pas fait tout ce qui était en son pouvoir à l'égard du décédé et celui d'avoir été injustement abandonné par lui.
-           Un état de retrait social avec une incapacité à maintenir les habitudes de travail et les relations interpersonnelles qui sont désinvesties.
-           Une identification inconsciente au défunt : préoccupations de santé similaires, parfois suscitées par des symptômes somatiques d'emprunt ; imitation temporaire de ses manières d'être, de se comporter, de ses habitudes.
Au cours de cette période, des perceptions sensorielles d'allure hallucinatoires (impression d'entendre la voix ou le pas du défunt, de sentir son contact, de l'entrapercevoir, etc.) peuvent survenir. L'endeuillé est toutefois conscient de leur absence de support réel.
La difficulté de cette période est celle du diagnostic différentiel entre deuil normal et dépression. Sa duré varie entre plusieurs semaines et un an : elle est inférieure à 6 mois pour la plupart des sujets.
3.     La fin du deuil, ou phase de résolution (phase de récupération, de restitution, de guérison, d'adaptation) est marquée par :
-           l'acceptation de la perte du mort : le sujet est conscient d'avoir fait un deuil, peut se souvenir du défunt sans douleur excessive ;
-           le rétablissement des intérêts habituels, parfois par un désir de s'engager dans de nouvelles relations et dans de nouveaux projets ;
-           le retour à un mieux-être psychique et somatique.
 
Aspects socioculturels :
 
Dans toutes les sociétés, le deuil impose aux proches du défunt, et plus particulièrement à son conjoint, l'adoption de comportements ritualisés et le respect d'interdits.
Bien que très atténuées dans les sociétés occidentales contemporaines, ces marques du deuil se traduisent encore par les rituels de levée du corps et des obsèques, par la possibilité socialement reconnue d'interrompre provisoirement son activité professionnelle, par l'adoption de comportements réservés bannissant toute marque excessive de joie ou de plaisir, par l'évitement provisoire du port de vêtements trop excentriques et de l'établissement de nouvelles relations amoureuses.
Dans les sociétés traditionnelles, l'expression de la douleur est codifiée, éventuellement assistée par des pleureuses. Le port du noir s'impose au plan vestimentaire. Le deuil est souvent collectif et ce deuil social suit la même temporalité que le deuil psychologique (sa durée est souvent fixée à un an).
Dans les sociétés primitives le corps social peut imposer des comportements stricts à l'endeuillé et plus particulièrement au conjoint qui est souvent stigmatisé :
-           chez les Shuswap de Colombie britannique, les veufs sont isolés, ne peuvent plus toucher leur propre corps, doivent utiliser une vaisselle qui leur est propre ;
-           chez les Agutainos de Palawan, les veuves se sont autorisées à sortir qu'aux heures où elles ne risquent pas de rencontrer quelqu'un, doivent signaler leur passage en frappant d'un coup de bois sonore sur les arbres.
La coutume du Satî, qui oblige la veuve à s'incinérer vivante avec le cadavre de son mari, représente un exemple extrême d'exclusion du conjoint.
 
Tous ces exemples montrent que le deuil n'est pas un phénomène purement individuel, mais s'inscrit dans une économie sociale ritualisée visant à protéger le groupe de la menace que la mort de l'un de ses membres à fait surgir, en replaçant l'endeuillé dans la vie collective (ne serait-ce qu'à travers les rituels d'exclusion).
 
 
 

LE DEUIL COMPLIQUE ET LE DEUIL PATHOLOGIQUE

 
Le deuil compliqué est caractérisé par une perturbation du travail de deuil qui ne s'engage pas ou qui ne parvient pas à son terme. Le deuil pathologique est caractérisé par la survenue de troubles psychiatriques durant la période du deuil.
 
Le deuil compliqué :
Les perturbations du travail de deuil peuvent prendre plusieurs formes :
·        Dans le deuil absent ou retardé, le sujet ne manifeste aucune réaction de tristesse à la suite du décès, poursuivant sa vie "comme si de rien n'était" ou n'exprimant qu'une sorte de désarroi, d'anxiété ineffables. Loin de manifester une absence d'investissement affectif du disparu, cette attitude traduit un déni inconscient (et parfois même conscient) de la réalité du décès, ce mécanisme de défense permettant au sujet de faire l'économie de conflits internes trop menaçants. L'absence de confrontation avec le cadavre du décédé (personne "disparue", absence de reconnaissance du corps) et de participation aux funérailles peuvent favoriser le déni de la mort.
·        Dans le deuil intensifié, le sujet paraît débordé par l'intensité des manifestations de son deuil (colère, sentiment de culpabilité vis-à-vis du mort).
·        Le deuil inachevé peut se présenter sous différents aspects :
-           Dans certains cas, les manifestations du deuil (chagrin, troubles d'allure dépressive) persistent sans décroître au delà de la période habituelle (6ème-12ème mois) : devant de tels deuils prolongés il convient d'évoquer l'hypothèse d'un trouble dépressif, témoin d'un deuil pathologique.
-           Dans d'autres cas, le sujet semble avoir abandonné les marques extérieures (sociales, affectives et comportementales) du deuil mais continue à vivre "dans le passé", dans la pensée du mort : ces deuils inachevés peuvent se manifester plusieurs années après par des débordements émotionnels (douleur affective) lors des dates anniversaires, par des comportements de recherche de la personne disparue et/ou par un renoncement persistant à tout nouvel investissement, que ce soit dans le domaine relationnel ou  dans le domaine des activités de loisir personnel.
Aux Etats-Unis, Horowitz et al. (1997) ont proposé des critères pour le diagnostic d'un trouble, comparable à ces deuils inachevés et distinct de la dépression, qu'ils intitulent "Deuil compliqué" ("Complicated grief disorder"). D'après ces critères, le sujet continue à éprouver plus d'un an après le décès d'intenses pensées intrusives, de violents assauts émotionnels, d'ardents et pénibles désirs (en relation avec le défunt), un sentiment de solitude et de vide excessifs, un évitement disproportionné des activités rappelant le souvenir du décédé, des troubles du sommeil inhabituels, une importante perte d'intérêt pour les activités personnelles (Horowitz et al., 1998).
 
Le deuil pathologique :
 
Plusieurs types de troubles psychiatriques peuvent survenir durant la période du deuil (dans l'année qui suit le décès) et témoigner ainsi d'un deuil pathologique, y compris chez des sujets jusque-là indemnes de tout antécédent psychiatrique.
Si l'on a pu décrire des deuils hystériques, des deuils obsessionnels, des deuils délirants, les manifestations les plus fréquemment observées relèvent d'un trouble de l'humeur ou d'un trouble anxieux.
Ces manifestations pathologiques (notamment les troubles dépressifs et anxieux) apparaissent, chez les veufs, d'autant plus fréquentes que le sujet est jeune et qu'il présente un deuil non résolu (deuil inachevé) et des antécédents du même registre. Certains auteurs soulignent l'ambivalence des relations préexistantes avec le défuntdeuils répétés (des deuils antérieurs sont retrouvés environ une fois sur deux). (attachement et agressivité coexistent trois fois sur quatre) ainsi que la fréquence des
 
Les manies de deuil :
Bien que peu fréquentes, les manies de deuil illustrent de façon éclatante le rôle que peuvent jouer les facteurs psycho-environnementaux dans le déclenchement des accès maniaques et l'aspect paradoxal de la réponse que peuvent constituer certains troubles mentaux face à la survenue d'événements de vie.
 
Les troubles dépressifs :
·        La survenue d'un syndrome dépressif est particulièrement fréquente au cours de la période du deuil. D'après les travaux de l'équipe de San Diego (Zisook et al.), consacrés au suivi prospectif de 350 veufs et veuves, une dépression est présente :
-         dans 25 % des cas au 2ème mois,
-         dans 23 % des cas au 7ème mois et
-         dans 16 % des cas au 12ème mois (contre 4 % des cas dans l'échantillon contrôle).
Ces chiffres rejoignent d'autres données selon lesquelles 10 à 20 % des veuf(ve)s présentent un syndrome dépressif plus d'un an après le deuil.
·        Si la présence d'un trouble dépressif au-delà de la période habituelle du deuil justifie clairement la mise en œuvre d'un traitement spécifique (antidépresseur, psychothérapie), la conduite à tenir dans les premiers mois du deuil est plus difficile à établir. D'après le DSM IV, les symptômes suivants seraient plus en faveur d'un épisode dépressif que d'un deuil "normal" :
1)      culpabilité à propos de choses autres que les actes entrepris ou non entrepris par le survivant à l'époque du décès ;
2)    idées de mort chez le survivant ne correspondant pas au souhait d'être mort avec la personne décédée ;
3)    sentiment morbide de dévalorisation ;
4)    ralentissement psychomoteur marqué ;
5)    altération profonde et prolongée du fonctionnement ;
6)    hallucinations autres que celles d'entendre la voix ou de voir transitoirement l'image du défunt.
 
Les troubles anxieux :
Le deuil peut favoriser la survenue d'un trouble anxieux (anxiété généralisée, trouble panique, etc.), et cela d'autant plus fréquemment que le sujet est jeune, de sexe féminin, qu'il présente un deuil non résolu et qu'il bénéficie d'un faible support psychosocial.
 
Autres phénomènes morbides liés au deuil :
En tant qu'événement de vie particulièrement marquant, le deuil peut favoriser la survenue de certains phénomènes morbides :
-           Bien qu'il s'agisse d'un phénomène de faible ampleur au plan épidémiologique, on a ainsi pu décrire la survenue de décès précoces ou une aggravation des problèmes somatiques chez des veufs ayant perdu leur conjoint.
-           De même, le veuvage constitue un facteur de risque de suicide significatif.
 
Prévention et accompagnement :
·        La prévention des deuils compliqués et des deuils pathologiques nécessite une évaluation psychologique et/ou psychiatrique précoce :
1.      Des sujets les plus à risque, par exemple :
-           sujets présentant des antécédents psychiatriques,
-           proches de suicidés ou de personnes décédées dans des conditions particulièrement éprouvantes (disparus, victimes d'homicides, de suicide, etc.),
-           sujets ayant vécu des deuils répétés.
2.     Des sujets présentant des signes précurseurs d'un deuil pathologique.
3.      Des sujets présentant des symptômes évocateurs d'un trouble psychiatrique associé.
·        Cette évaluation permettra de décider d'une orientation : traitement spécifique d'un deuil compliqué (psychothérapie) ou d'un deuil pathologique (traitement psychopharmacologique, psychothérapie), mise en place d'entretiens d'évaluation réguliers, ou abstention thérapeutique.